«Les aidants naturels ne doivent pas hésiter à demander de l’aide», insiste la chargée de projet de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées, Jacinthe Tremblay, en citant le drame survenu dans la famille Blanchette.
Chargée de projet de l’AQDR à Saguenay, Jacinthe Tremblay considère que beaucoup de services sont mis à la disposition des aidants naturels et que le drame survenu il y a deux semaines dans la famille Blanchette aurait pu être évité. «Les proches aidants ne sont pas au courant du support qu’ils peuvent recevoir. Il faut demander de l’aide avant de se sentir épuisé», explique Mme Tremblay.
Deux projets sont offerts par l’ADQR, «se rencontrer et se parler» ainsi que la «clef du répit». Le premier service est renouvelé chaque année et invite les gens à se rassembler pour développer des outils afin de mieux gérer la situation. Des trucs sont aussi amenés pour interagir avec la personne en perte d’autonomie.
Le deuxième projet est permanent depuis 2005. Accompagnatrices et accompagnateurs se rendent chez l’aidant trois heures par semaine.
Aidante depuis deux ans, Josée Tremblay (nom fictif) aurait bien besoin d’un moment de répit. Elle a dû faire le choix déchirant de mettre sa vie en marge ou de placer sa mère dans un foyer pour personnes âgées. «Avec tout ce qu’on entend de sordide sur ces endroits, je ne voulais pas que ma mère se fasse brasser», explique Mme Tremblay.
Celle qui travaille à temps plein a trouvé de peine et de misère quelqu’un pour la relayer pendant le jour. «J’ai cherché pendant un été au complet la personne qui pourrait prendre soin de ma mère. Le Centre de santé et services sociaux (CSSS) à Saguenay proposait des personnes ressources, mais ces intervenantes avaient très peu de disponibilité», déplore la femme.
Josée Tremblay peut quand même compter sur l’aide hebdomadaire d’une intervenante du CSSS et la visite mensuelle d’une nutritionniste. Ce qu’elle déplore particulièrement est le manque d’aide de sa famille. «Leur aide ne vient pas naturellement. Je dois leur demander. J’aimerais bien me prendre deux semaines de congé moi aussi, mais c’est impossible.









