Les chauffeurs de taxi de Jonquière sont mécontents. Non seulement ont-ils eu un hiver difficile en ce qui a trait aux revenus, mais ils s’inquiètent aussi fortement du manque de dynamisme sur la rue Saint-Dominique. Selon eux, Jonquière n’est plus ce qu’elle a déjà été.
taxi-diamond«C’est le pire hiver que j’ai pu voir en plus de 15 ans. On ne cesse de couper dans les quarts de nuit et à un moment donné, on ne peut plus couper plus que ça sans que des gens perdent leur emploi. Les fonctionnaires municipaux doivent se rendre compte qu’une ville, ça ne vit pas que de jour», lance un appariteur de taxis et ancien chauffeur chez Taxi Diamond, Yvan Lapierre.Ils se rendent bien compte des changements qui ont actuellement lieu au centre de l’arrondissement Jonquière. Autrefois, le marché des bars et discothèques de même que les nombreuses usines faisaient rouler l’économie. Maintenant, avec le ralentissement économique, c’est la rue Saint-Dominique qui en paie le prix, selon eux.
«On est en train de faire de Jonquière une ville fantôme comme Val-Jalbert. Tu remontes il y a 10-15 ans, c’était les usines qui faisaient fonctionner le night life de St-Do. Maintenant, avec Rio Tinto-Alcan dans le rouge et l’économie qui ne va pas bien, ce n’est pas surprenant que le centre-ville soit aussi mort. Enlève les bars et les usines et ici, il ne reste plus rien», poursuit M. Lapierre devant deux autres collègues parfaitement en accord avec ses propos.
Yvan Lapierre écorche au passage les fonctionnaires municipaux et le maire Jean Tremblay qui seraient en partie responsables de la transformation du centre-ville.
«Ce n’est certainement pas en construisant une autre bibliothèque qu’on va retaper la St-Do, lance Yvan Lapierre. Anciennement, les gens venaient à Jonquière pour avoir du plaisir dans les bars, sûrement pas pour visiter des bibliothèques. Il ne faut pas trop en demander quand tu as un curé comme maire!»
Les chauffeurs de taxi sont aussi d’avis qu’en raison d’un hiver très clément, de nombreux clients potentiels ont préféré regagner la maison à pied plutôt qu’avec un raccompagnement au terme de soirées bien arrosées. Les étudiants, de leur côté, sont de moins en moins visibles au sein de la clientèle des taxis.









