Besoin d’argent rapidement? Crédit Yamaska a peut-être une solution «simple, rapide et efficace». En moins d’une heure, ce prêteur sur salaire assure un dépôt de 500 $ dans votre compte bancaire… moyennant un taux d’intérêt qui peut atteindre plus de 600%.
Figurant chaque jour dans les petites annonces de la plupart des journaux régionaux, Crédit Yamaska assure un service de haute qualité. Aucune consultation n’est nécessaire. L’entente se fait essentiellement par téléphone et par fax, y compris pour signer le contrat de prêt. Impossible de connaître l’adresse du bureau des prêteurs, une information qualifiée de confidentielle par les représentants qui prennent les appels.
Ce qui rend le travail difficile aux policiers, c’est que les compagnies de ce genre peuvent rapidement changer d’identité, et le font aussitôt qu’ils sentent la soupe chaude, selon la porte-parole de la Sûreté du Québec, Hélène Nepton.
Un taux d’intérêt à l’encontre de la loi
Les prêteurs sur salaire exigent des frais surprenants. Dans la majorité des cas, le prêt sur salaire consiste à prêter, à court terme, un montant d’argent variant entre 100 $ et 500 $. Chez Crédit Yamaska, des frais de 50 $ pour chaque tranche de 100 $ sont exigés. Le client doit donc payer un montant total de 750 $ pour un prêt de 500 $. Le prêt et les frais doivent être remboursés, entièrement ou en partie, deux semaines plus tard. En cas de retard au niveau du paiement, le prêteur ne veut pas se prononcer sur les conséquences. L’entreprise possède un permis valide depuis seulement deux mois, comme le confirme le relationniste de presse à l’Office de protection du consommateur (OPC), Jean-Jacques Préaux. Cependant, leur pratique demeure illégale. «Dans le cas de Crédit Yamaska, il y a sans doute un problème. Les taux d’intérêt supérieurs à 60% sont jugés illégaux au Québec. Une enquête devra être effectuée», affirme M. Préaux.
Aucune plainte
À chaque année, entre 500 et 600 Québécois utiliseraient ce service, selon la préposée au téléphone de Crédit Yamaska. Jusquà ce jour, aucune plainte n’a été enregistrée à l’OPC. Selon Mme Nepton, les gens qui ont recours aux prêteurs le font parce qu’ils n’ont plus d’autre alternative à envisager, à la suite de problèmes personnels ou encore de consommation : «Les personnes qui font affaire avec ce genre d’entreprise ne les dénoncent pas, parce que c’est leur dernier recours au niveau financier.»
La Sûreté du Québec invite la population à être vigilante quant à ce genre d’annonce dans les journaux et à dénoncer les contrevenants. Des enquêtes seront effectuées par la SQ en collaboration avec le Centre d’appel anti-fraude canadien si un bon nombre de plaintes sont déposées par les citoyens à ce sujet.









