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Le vendredi 18 mai 2012
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Les punitions corporelles au banc des accusés

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Punir un enfant en employant la force physique augmenterait son agressivité envers son entourage. C’est du moins ce que démontre une étude réalisée par deux chercheurs canadiens auprès de 500 familles. Des résultats qui ne surprennent pas ceux qui oeuvrent auprès des jeunes dans la région.

Des intervenants de Centres de la petite enfance (CPE) de Jonquière qualifient de plausibles les conclusions du Dr Joan Durrant, du département de médecine familiale des sciences sociales de l’Université du Manitoba, et de Ron Ensom, qui travaille à l’hôpital pour enfants Eastern Ontario.

«La violence entraîne la violence. Ce n’est pas dans mes valeurs de frapper les enfants pour qu’ils obéissent», déclare la directrice générale du CPE La Souris Verte, Louise Tremblay.

Selon elle, un encadrement convenable engendre un bon développement. C’est pourquoi elle mise plutôt sur le renforcement positif en travaillant en collaboration avec les parents. Des explications claires fournies aux enfants sont priorisées. Quand ceux-ci ne respectent pas les règlements, ils sont privés d’une activité qu’ils aiment, comme regarder la télévision.

punition corporelle 1 WEB (verticale)Un enfant qui se fait punir à l’aide de châtiments corporels risque d’être plus agressif envers son entourage.

Au CPE Le Jardin Ensanté, on bannit également la punition corporelle. «C’est inacceptable. Je suis tout à fait en désaccord avec les châtiments corporels. En 2012, il y a d’autres moyens de punir», affirme le directeur général de l’établissement, Frédérick Guimond. La chaise de réflexion est une façon d’améliorer le comportement des plus petits qui fréquentent le centre.

De son côté, la directrice générale du CPE De La Sagamie, Carolle Dupéré, privilégie une technique d’intervention auprès de l’enfant désobéissant en lui expliquant pourquoi il a mal agi et en lui laissant trouver des alternatives à son comportement fautif.

«La violence n’est bonne pour personne; elle a des répercussions sur les individus, qu’ils soient jeunes ou non», croit-elle. Mme Dupéré est d’avis qu’un enfant qui se fait punir en recevant une tape aura tendance à être plus agressif avec les personnes qui l’entourent. Elle est convaincue que les méthodes de discipline positives sont plus efficaces que la punition corporelle.

Gaétan Gagnon est professeur en Techniques d’éducation à l’enfance au Cégep de Jonquière. Selon lui, utiliser la force physique pour punir un enfant empêche celui-ci d’exprimer ce qu’il ressent et de donner son point de vue sur la situation, car il craint la douleur.

«Recevoir une claque, ça laisse des séquelles. On est peut-être obéi sur le coup, mais on nuit au développement de l’enfant», explique-t-il. Il croit que la violence corporelle affecte le développement de l’enfant, car elle se présente comme une attaque au respect de l’individu.

Plus encore, M. Gagnon estime que la punition corporelle, comme certaines recherches le prouvent, est associée à différents problèmes mentaux tels que la dépression, l’anxiété et l’abus de drogues et d’alcool.

Les personnes interrogées sont également d’avis que les châtiments corporels peuvent être la cause d’une baisse du rendement scolaire.



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