«Tu viens au monde comme ça. Tu es un journaliste de l’invisible. Tu décris la pièce de théâtre que tu vois. Le monde astral nous parle par symboles, il suffit de les décoder.»
Lise Bouchard offre ses services de clairvoyante depuis 24 ans.
Lise Bouchard a toujours vu cette «quatrième dimension». Plus jeune, elle attrape la tuberculose et doit rester des mois dans une chambre noire. C’est à ce moment que ses proches découvrent qu’elle parle toute seule. «Mais je ne parlais pas toute seule, je parlais avec les gens que je voyais. Je pense que tous les enfants ont cette capacité de voir cette autre dimension, avec des amis imaginaires, par exemple. Mais avec la société, ils arrêtent de s’exercer parce que c’est mal vu.» Sa mère l’a toujours encouragée à poursuivre dans cette voie, et depuis 24 ans, elle offre ses services afin de découvrir l’avenir des gens.
Pour sa part, Sandra avoue avoir eu peur quand elle s’est aperçue de son don. Elle se rappelle qu’elle se promenait dans les centres commerciaux et qu’elle voyait l’avenir des gens, et comment ils mourraient : «Dans les débuts, je me demandais ce que j’avais, c’était un peu traumatisant! Je me demandais si j’étais folle.» Elle évoque un vieux souvenir : «Un jour, j’ai vu des sortes d’étoiles qui entraient dans ma maison, et cette nuit-là, je me suis réveillée et j’entendais des voix, des esprits. On aurait dit qu’ils m’inculquaient le don à ce moment. C’était étrange, je me suis réveillée en sueur après ça.»
Lise Bouchard et Sandra parlent aux morts. Ce n’est pas une profession dite «normale» aux yeux de plusieurs. «Au moins, les morts ne sont pas épeurants. Ce sont parfois ceux qui viennent les voir qui le sont!», avoue Lise Bouchard. Elle explique que la principale pensée qu’ils lui transmettent est de dire aux vivants ce qu’ils n’ont pas pu leur dire avant de mourir. Pour Sandra, il s’agit souvent de personnes qui se sont suicidées et qui viennent parler aux vivants. Souvent, c’est pour dire qu’ils n’ont pas souffert, ou pour répéter à leurs proches à quel point ils les aiment. «Mais ils ne restent pas toute la séance, ils sont avec nous peut-être 10 ou 15 minutes», raconte Sandra.
Mais qu’arrive-t-il si les voyantes découvrent qu’un client mourra dans un avenir rapproché? «On n’a pas le droit de le dire clairement. Dans ce temps-là, je dis d’aller passer des examens médicaux, ou de faire très attention en voiture ou au travail, d’être prudent», précise Lise Bouchard.
Le métier de parapsychologue (le vrai terme scientifique) ne comporte pas que de la joie. Selon Lise Bouchard, ça demande énormément d’énergie: «Ça prend de la discipline mentale, spirituelle, physique et émotionnelle. En plus, on ne peut pas vivre de ça, on est trop épuisés après une séance.» Elle trouve que les clairvoyants sur internet ne pratiquent pas de la vraie voyance, et qu’ils se font payer trop cher pour ce qu’ils donnent. Sandra dit pour sa part: «Je ne suis pas là pour juger personne. Il y a beaucoup de charlatans dans ça, mais ça dépend de chaque personne. Il y a sûrement de bons voyants.»
Lise Bouchard demande 35$ pour une séance d’une heure: «Moi, je ne veux rien savoir d’être payée plus! Des personnes âgées, des étudiants, et même des personnes sur l’aide sociale viennent me voir.» Quant à Sandra, elle réussit à vivre de la voyance.









