Pendant qu’à Sept-Îles, des médecins et organismes environnementaux s’opposent à l’exploration d’uranium, une première mine d’exploitation au Québec devrait voir le jour dans trois ans, quelque 200 kilomètres au nord de Chibougamau.

La Conférence régionale des élus de la Baie James (CREBJ) tient des rencontres d’information depuis quelques mois pour bien faire connaître le dossier aux intervenants de divers milieux. «On a été témoins de ce qui s’est passé à Sept-Îles et on ne veut pas que ça se passe ici», affirme l’agent de développement, Stéphane Mckenzie. «Les gens réagissent comme ça parce qu’il y a eu de la désinformation. On tient à ce que les gens connaissent bien le sujet pour qu’ils soient en mesure d’être critiques», poursuit-il.
Le responsable de la Coalition Sept-Îles sans Uranium, Olivier Noël, nie toutefois que la population de la Côte-Nord ait été désinformée. «On est appuyés par des médecins, je pense qu’ils sont capables de bien défendre leurs arguments. On reçoit aussi beaucoup d’études et on s’informe tous les jours. C’est complètement faux de dire que les gens sont désinformés», se défend-il.
Une première mine d’ici 2013 ?
La société minière Ressources Strateco de Boucherville a amorcé en janvier dernier une importante campagne de forage à 200 kilomètres au nord de Chibougamau. Les premières estimations y ont clairement démontré une haute teneur en ressources uranifères. Ressources Strateco indique sur son site Internet que le début de l’exploitation est prévu pour 2013. L’entreprise y voit évidemment un grand potentiel économique.
Stéphane Mckenzie reconnaît aussi l’ampleur des avantages du projet pour sa région, mais soutient que la CREBJ n’a pas encore pris position en sa faveur. «On est encore à l’étape où l’on s’informe. On fait venir des spécialistes qui nous présentent l’uranium objectivement.»
Ce dernier ne veut tout simplement pas que des barrières soient imposées pour rien. «Des risques, il y en a dans tout. L’uranium est sévèrement réglementé, il ne faut pas partir en peur. Les médecins se plaignent, mais ne disent pas qu’ils utilisent l’énergie nucléaire dans plusieurs traitements», conclut-il.
Levée de boucliers
À Sept-Îles, 20 médecins ont remis leur démission et menacé de quitter la région, en décembre dernier, pour protester contre l’exploration d’uranium par l’entreprise Terra Ventures sur la Côte-Nord.
Plusieurs pétitions et demandes de moratoire ont aussi été déposées à l’Assemblée nationale au cours de la dernière année. Les protestants contestent notamment les risques radioactifs que l’exploitation d’uranium exposent pour la santé de la population et de l’environnement.
Si M. Noël s’attend à ce qu’un groupe de protestants se lève prochainement à Chibougamau pour s’opposer aux travaux de Ressources Strateco, Stéphane Mckenzie de la CREBJ affirme que personne encore ne s’est prononcé concrètement.



