La Pige

Mercredi le 08 septembre 2010
Prochaine mise à jour le Automne 2010

Temps doux: un coup de pouce à l'agriculture

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Si les militants environnementaux sont alarmistes quant aux cataclysmes climatiques que l’avenir nous réserve, l’agriculture au Saguenay—Lac-Saint- Jean s’en retrouvera peut-être bonifiée selon le chercheur en écophysiologie et agronomie, Gilles Bélanger.
«On estime que dans 20 à 40 ans, la saison de croissance sera plus longue. Le rendement sera donc comparable à celui du sud du Québec», explique le chercheur associé à l’Université Laval Gilles Bélanger, dans une étude qui porte sur l’impact des changements climatiques dans l’Est du Canada publiée en 2001. Les deux créneaux agricoles les plus importants dans la région selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), c’est-à-dire les productions bovine et laitière, seront également influencés par le réchauffement climatique.
«On peut s’attendre à une coupe additionnelle pour le foin d’ensilage», reconnaît M. Bélanger qui se spécialise dans l’amélioration de la survie hivernale des plantes fourragères qui sont à la base de l’alimentation des vaches et des boeufs. Les arbres fruitiers seront également avantagés par le climat et le Saguenay—Lac- Saint-Jean deviendra propice à la pommiculture, selon le chercheur.
 
Quelques bémols

Si certaines cultures seront avantagées, d’autres le sont moins. La luzerne, qui a besoin de temps frais à l’automne pour s’acclimater et d’une bonne couche de neige pour être isolée du froid durant l’hiver, aura de la difficulté à s’adapter. «Le problème avec les hivers doux, c’est qu’il pleut beaucoup et que la couche de glace qui se fixe sur la neige asphyxie les plantes qui sont en dessous», constate un agronome de la Financière agricole du Québec (FADQ), Valois Voyer. Le chercheur Gilles Bélanger va dans ce sens en admettant que «l’on observera davantage de risques de mortalité hivernale».
Le bleuet et la pomme de terre, deux fleurons de l’agriculture régionale, subiront également les conséquences des variations de température. «Les bleuetières vont fleurir plus tôt et la grosse gelée de juin risque de causer beaucoup de pertes», admet M. Voyer. Les producteurs de pommes de terre ne seront pas avantagés non plus. Cette année, le sol n’a pas gelé. Les patates laissées en terre l’automne passé vont germer et se mélanger à la nouvelle variété semée au printemps. «Alors le producteur ne pourra pas vendre en certifiant la variété de la pomme de terre puisqu’il y aura des mélanges», souligne M. Voyer.
Les accidents climatiques tels qu’une sécheresse ou un verglas sont également possibles. «Mon étude ne tient pas compte de facteurs atténuants tels que les désastres climatiques, les cycles de vie des insectes qui seront allongés ou l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère, avertit M. Bélanger, globalement le potentiel d’agriculture dans votre région va augmenter, mais à quel prix?»

 

 

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