
En cet avant-midi de la journée internationale de la femme, des étudiants au baccalauréat en Travail social et à la maîtrise en Intervention régionale ont accueilli à l’UQAC la conférencière Michèle Roy.
Mme Roy est membre de la Concertation des luttes contre l’exploitation sexuelle (CLES). L’organisme véhicule une politique abolitionniste de l’exploitation sexuelle comparée à celle qui a mis fin à l’esclavage. Il souhaite la disparition des bars de danseuses autant que des lignes érotiques et des mariages par correspondance.
«La CLES a commencé à se rencontrer de manière artisanale», raconte la femme qui travaille dans le milieu social depuis plus de trente ans. Sans budget ni locaux, ses fondateurs ont commencé en 2004 à profiter du passage de conférenciers internationaux à Montréal afin de créer un mouvement de réflexion.
Avant la création de la CLES, aucun organisme ne s’occupait de ce créneau. Michèle Roy raconte qu’il est très délicat pour les intervenants d’approcher une femme soupçonnée de se prostituer pour lui venir en aide. Depuis deux ans, Condition féminine Canada subventionne leur projet de formation et de prise de parole des femmes qui inclut, entre autres, l’affichage de publicité pour une ligne d’aide téléphonique. «Les femmes qui nous appellent disent être très contentes de pouvoir en parler. Cet aspect de leur vie reste très souvent caché.»
L’idéal, selon Mme Roy, serait que le gouvernement se dote de mesures sociales comme celles que la Suède a adoptées en 1999. En plus d’avoir décriminalisé la prostitution pour les femmes en n’accusant plus que leurs clients et les proxénètes, la Suède offre désormais aux femmes éprouvant des difficultés économiques des places en garderies, des bourses d’études ainsi que des subventions pour les réintégrer dans leur pays d’origine lorsqu’elles ont été victimes du trafic sexuel international.



